L'urbain par-delà la pratique et la théorie : qu'est-ce que les sciences sociales peuvent apporter au praticien de l'aménagement et de l'urbanisme ?
Auteur : UrbainSerre
Aménageur en retrait d'activité qui, tirant profit de ses heures de loisir extorqué à la masse laborieuse, n'a rien trouvé de mieux que de se plonger dans la littérature sur la ville dans le dessein de la confronter avec sa pratique professionnelle passée et de susciter un dialogue avec d'autres passionnés d'urbain et d'urbanité.
Et, comme si cela ne suffisait pas, entre deux lectures, il se laissa aller à donner au vent, non sans impudeur ou prétention, c'est selon, les mots échappés de son inspiration insatiable.
Le grand stade de Lyon et les quartiers prioritaires
Stade des Lumières en construction (mai 2015) Photo Vegas666 / Wikimedia Commons
L’enjeu du foncier, l’enjeu spatial
Quand la localisation des équipements est soumise à des forces contraires mettant à l’épreuve les pouvoirs publics, contraints de composer avec les intérêts privés.
Jamais il ne faut rompre brutalement avec les vacances, avec l’air de la campagne, de la mer, de la montagne pour nous replonger dans l’atmosphère des villes. Aussi, je vous propose cette petite balade dans la littérature enfantine, ainsi que dans celle de la BD, qui se situe dans un entre-deux indéfinissable pour nous enchanter ou nous effrayer, c’est selon. En un mot, à l’approche de l’automne, pour nous dépayser.
François Schuiten et Benoît Peeters au Festival de la BD de Kobenhavn en 2006 (Danemark)
Photo Fredik Strömberg / Wikimedia Commons
Le roi Babar et la reine Céleste
Photo Vanessa / Flick
Il n’y a pas de littérature mineure. La ville n’est pas qu’un thème de la littérature classique, moderne ou savante. Elle figure en bonne place dans la BD et dans les livres pour enfants. En témoignent, entre autres, « Babar » et les « Cités obscures ».
J’avais annoncé la clôture de ce blog consacré à la littérature de la ville. Quelques-uns d’entre vous m’ayant demandé d’en prolonger la publication, qu’on ne peut normalement plus visualiser après avoir laissé deux mois sans publier, j’ai repris, quitte à les refondre ou les actualiser, quelques comptes rendus d’ouvrages ou chroniques parus durant ces trois dernières années.
Bonne lecture.
Photo PIXABAY
POST-BLOG 2
Dans l’«Histoire de la merde » que nous conte Dominique Laporte, la ville a toute sa part : si la campagne nourrit la ville, celle-ci en contrepartie produit du déchet, à charge pour le citadin de le recycler… sur le modèle de la nature.
L’actualité nous rattrape. Il n’en faut pas plus pour réagir à l’évènement, sans pour autant se laisser déborder par ses inconséquences. Dictature de l’évènement, à la leçon duquel on cède ou on résiste. C’est selon. Mais selon quoi ? notre tempérament, notre éducation, l’influence de notre entourage, des médias ? Un peu de tout cela sans doute. Mais lequel de ces facteurs l’emporte ?
Quoi qu’il en soit, Nuit debout ne pouvant nous laisser indifférent, nous incite à faire retour sur le rapport que la ville entretient avec le politique. C’est à partir et au croisement d’un essai de Claude Lefort, La question de la démocratie[1], et d’un petit livre de Marc Augé Non-lieux[2], sous titré Introduction à une anthropologie de la surmodernité, que nous chercherons à comprendre l’évènement, dont pour l’heure nous serions bien en peine de prévoir les suites. Comprendre – par sympathie – et non expliquer, sachant que, pas plus qu’expliquer, chercher à comprendre ne justifie rien.
—————————————————————————
[1] 1983. Inclus dans le recueil d’essais ayant pour titre Essais sur le politique (1986).
Nuit Debout place de la République le10 avril 2016 Photo Olivia Ortelpa / Flickr
A la croisée des pensées de Marc Augé et de Claude Lefort
Quand les lieux du pouvoir se vident, « Nuit Debout » remplit les lieux de la ville. Interprétation à partir d’un essai de Claude Lefort : « La question de la démocratie », et d’un livre de Marc Augé : « Non-lieux ».
Statue du Sacré Cœur, don de l’héritage culturel caldoche, entourée de totems kanak. On remarquera que le totem du premier plan tire la langue. Ce que l’on pourrait prendre pour une insolence si la langue n’était pour les Kanak le symbole de la parole dans une culture de tradition orale. Illustration des malentendus que l’hybridation des cultures peut provoquer et que des interprètes malintentionnés peuvent exploiter.
_______________
Il n’y a pas plus à opposer la ville à la campagne que la culture à la nature. Mais si ville et campagne participent aujourd’hui de la même culture, la nature ne doit pas en payer le prix. En outre, à trop s’étaler, se diluer, la ville risque de perdre en urbanité ce qu’elle gagne en urbanisation, et, à trop s’urbaniser, se couper de ses racines identitaires et de sa relation ancestrale au cosmos.
Une utopie métropolitaine (1914) d’Antonio Sant’Elia, architecte italien
Image Wikipedia
Quand Guy Burgel, amoureux de la ville n’hésitant pas à se colleter avec les urbaphobes de tout poil, jette les fondements d’un « espoir de ville », non sans avoir au préalable analysé les raisons du désenchantement qui a suivi l’euphorie des « trente glorieuses ».
Le temple de Baal, en arrière de l’agora, explosé en août 2015
Photo Bernard Gagnon / Wikimedia Commons
De l’exécution ciblée des mécréants, l’E. I. est passé à l’assassinat sans discrimination, et aujourd’hui au dynamitage de vestiges archéologiques, comme pour effacer la mémoire des hommes. Marche irrésistible vers l’avènement du règne de Dieu sur terre, sans l’homme ?
Après une année terrible, quelle expression donner à des voeux pour qu’ils n’apparaissent pas dérisoires ?
Où puiser l’espoir d’une année meilleure, si ce n’est dans le regard de l’Autre.
Puisse-t-il vous être à jamais propice. C’est tout ce que je vous souhaite.
UrbainSerre – 1er janvier 2016
Image Wikipedia
Entre le 7 janvier et le 13 novembre, la liberté a cédé devant la sécurité, la nécessité de la vie a pris le pas sur le sens à lui attribuer : Carl Schmitt opposé à Hannah Arendt. La liberté entre goût du risque et besoin de sécurité.
PS : Le hasard a voulu que le mot de la fin de ce frontispice, comme tracé du sang des victimes, ait été prononcé à peu près au même moment par Anne Hidalgo le soir du lendemain de la tragédie. Hasard, c’est sûr, mais pas fortuit : on se rebelle contre l’injustice, on se dresse contre la barbarie.
1er mai 1891 : échauffourée à Clichy
Photo KoS / Wikimedia Commons
Paru en 2012, « Villes rebelles » de David Harvey a été traduit en 2015, 10 ans après les émeutes urbaines qui ont embrasé les banlieues en France. Même si une émeute n’est pas une rébellion et la banlieue n’est pas la ville, l’ouvrage peut-il apporter un éclairage sur les événements d’octobre-novembre 2005 ?