XVI – UNE LITTERATURE DE L’ESPACE ET DE LA VILLE : 1) « Manhattan Transfer » de John Dos Passos

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Manhattan, Empire State Building  – 1932 / Photo Samuel Gottscho / Wikimedia Commons

Manhattan Transfer, du nom de la station du métropolitain où s’opérait le transfert des voyageurs d’un train à l’autre entre l’île de Manhattan et le continent en raison des écartements différents de rails. Manhattan transfer symbolise ainsi à la fois une limite et l’échange avec le reste de la ville de New-York.

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XVI– UNE LITTÉRATURE DE L’ESPACE ET DE LA VILLE : Un quadriptyque de villes-capitales : New-York – Dublin – Berlin – Paris

C’est à un quadriptique de l’entre-deux guerres qu’il faut se reporter pour saisir dans toute leur ampleur les mutations parallèles de la ville et de la littérature ayant en grande partie leur origine dans la première de ces deux guerres. Mutations qui, peut-être, anticipaient la seconde dans ce qu’elle révélait d’accomplissement horrifique. Il s’agit d’Ulysse (1921) de James Joyce, Manhattan Transfer (1925) de  John Dos Passos, Le paysan de Paris de Louis Aragon (1926) et Berlin Alexanderplatz (1929) d’Alfred Döblin. Outre Paris, découverte par un œil neuf, celui du paysan, les trois autres villes capitales, Dublin, New-York[1], Berlin, sont sillonnées, par leur héros respectif ou plutôt leur anti-héros : Leopold Bloom, Ellen Thatcher, Franz Biberkopf. Tous errants entre attirance et rejet de la grande ville, indissociable de ses séductions comme de ses turpitudes[2], avec, dans ces quatre œuvres, une constante propre à notre culture occidentale, à savoir l’importance prise, en contrepoint de l’agitation ou de l’enfer des villes, par le bistrot, le pub ou la taverne, ultimes refuges après l’immersion ou la Chute, lieux de rencontre et, l’alcool aidant, de dispute au  double sens, scolastique et commun, du terme.

Ecrits entre les deux-guerres, deux de ces récits se situent avant la première, du moins son terme : Ulysse et Manhattan Transfer ; deux après : Berlin Alexanderplatz et Le paysan de Paris.

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XV – UNE PHENOMENOLOGIE DE LA VILLE : la poétique de l’espace et le corps de la ville – 2) Richard Sennett, l’auteur de « La chair et la pierre »

La Cité idéale à Urbino, attribution incertaine : Piero della Francesca, Francesco di Giogio Martini ou Luciano Laurana (Quattrocento) – Photo : Wikipédia, l’encyclopédie libre

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XVI – UNE LITTÉRATURE DE L’ESPACE ET DE LA VILLE : « Dans la jungle des villes » de Bertolt Brecht

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Inscription hétéenne (hittite) reproduite dans L’homme et la terre d’Élisée reclus (photo Wikimedia Commons).

Une littérature de l’espace et de la ville

Jorge Luis Borges, en 1941, avait imaginé dans sa nouvelle ayant pour titre La bibliothèque de Babel[1], une bibliothèque éternelle rassemblant tous les livres possibles déjà écrits et restant à écrire d’un certain format – 410 pages – et d’une combinatoire indéfinie de 22 lettres, métaphore d’une ville-univers, « sphère dont le centre véritable est un hexagone quelconque et dont la circonférence est inaccessible », habitée par une race d’hommes à la recherche du livre ultime qui leur révélerait la Vérité. Mais, outre que l’univers et encore moins la ville n’ont l’éternité pour eux, il n’est pas sûr que les villes contemporaines aient encore un centre et il est certain qu’elles n’ont plus de circonférences.

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XV – UNE PHENOMENOLOGIE DE LA VILLE : la poétique de l’espace et le corps de la ville – 1) « Poétique de la ville » de Pierre Sansot

Chercher à investir les édifices et monuments urbains de significations, donner un sens à la ville est une chose. Y investir tous ses sens, s’y inscrire et même s’y incorporer au point d’y laisser sa trace est une autre frontière que n’hésiteront pas à franchir, les phénoménologues de l’espace défiant la géographie qui, dépourvue de terres vierges, ne nous fait plus rêver. Bien loin de l’exotisme ou du dépaysement de plus en plus difficiles d’accès, c’est avec la familiarité des lieux, qu’à l’exemple du poète, ils nous invitent à renouer. Ne serait-ce que pour en révéler l’essence.

Il n’y a pas que la nature pour inspirer le poète, les pierres tout autant le peuvent, qui nous invitent à butiner « éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’invisible. »[1]

Plan de Versailles par Delagrive (1746) / Photo : Wikimedia Commons

XIV – DE LA SIGNIFICATION DE L’ARCHITECTURE A LA SEMIOLOGIE URBAINE

Si la démarche d’Abraham Moles et d’Elisabeth Rohmer sur l’espace est bien interdisciplinaire, elle n’en est pas moins, comme le démontre le titre même de leur livre, à dominante psychosociologique. Celle d’Alexander Mitscherlich tout en étant ouverte à la sociologie, relève prioritairement de la psychanalyse et de ses prolongements psychosomatiques. D’où l’intérêt de revenir, même si elles ont perdu de leur actualité, sur les tentatives de dépasser ce qui constitue encore un cloisonnement, même atténué, et de chercher à appréhender l’espace de la ville à un autre niveau, au cœur de l’humain : le langage, compris tantôt en tant que système de signes, tantôt en tant que véhicule du sens.

Carte de Palmanova , Italie (1600) / Photo : Wikipédia l’encyclopédie libre

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XIII – UNE PSYCHOSOCIOLOGIE DE L’ESPACE — 4) Rationalité contre désir : la ville «censure» (Alain Médam) ou «disciplinaire» (Jacques Dreyfus)

Place Sainte-Anne, Montpellier / Photo : Peter Curbishley (FLICKR) – http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr

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XIII – UNE PSYCHOSOCIOLOGIE DE L’ESPACE — 3) « Psychanalyse et urbanisme – Réponse aux planificateurs » d’Alexander Mitscherlich (1965)

Si la psychosociologie produit des analyses pertinentes sur les relations de l’homme à son environnement de proximité, elle n’apporte guère d’explication « en profondeur » des mécanismes psychiques sous-jacents et des causes des inadaptations dont elle fait le constat. C’est à la psychanalyse que devait revenir de proposer des éléments de réponses, le mérite d’Alexander Mitscherlich ayant été de le faire tout en intégrant les apports de la psychologie sociale.

Francfort sur le Main, Land de Hesse, Allemagne / Photo : Patrick Nouhailler / Flickr http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr

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