XVI – UNE LITTÉRATURE DE L’ESPACE ET DE LA VILLE : « Dans la jungle des villes » de Bertolt Brecht

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Inscription hétéenne (hittite) reproduite dans L’homme et la terre d’Élisée reclus (photo Wikimedia Commons).

Une littérature de l’espace et de la ville

Jorge Luis Borges, en 1941, avait imaginé dans sa nouvelle ayant pour titre La bibliothèque de Babel[1], une bibliothèque éternelle rassemblant tous les livres possibles déjà écrits et restant à écrire d’un certain format – 410 pages – et d’une combinatoire indéfinie de 22 lettres, métaphore d’une ville-univers, « sphère dont le centre véritable est un hexagone quelconque et dont la circonférence est inaccessible », habitée par une race d’hommes à la recherche du livre ultime qui leur révélerait la Vérité. Mais, outre que l’univers et encore moins la ville n’ont l’éternité pour eux, il n’est pas sûr que les villes contemporaines aient encore un centre et il est certain qu’elles n’ont plus de circonférences.

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XV – UNE PHENOMENOLOGIE DE LA VILLE : la poétique de l’espace et le corps de la ville – 1) « Poétique de la ville » de Pierre Sansot

Chercher à investir les édifices et monuments urbains de significations, donner un sens à la ville est une chose. Y investir tous ses sens, s’y inscrire et même s’y incorporer au point d’y laisser sa trace est une autre frontière que n’hésiteront pas à franchir, les phénoménologues de l’espace défiant la géographie qui, dépourvue de terres vierges, ne nous fait plus rêver. Bien loin de l’exotisme ou du dépaysement de plus en plus difficiles d’accès, c’est avec la familiarité des lieux, qu’à l’exemple du poète, ils nous invitent à renouer. Ne serait-ce que pour en révéler l’essence.

Il n’y a pas que la nature pour inspirer le poète, les pierres tout autant le peuvent, qui nous invitent à butiner « éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’invisible. »[1]

Plan de Versailles par Delagrive (1746) / Photo : Wikimedia Commons

XIV – DE LA SIGNIFICATION DE L’ARCHITECTURE A LA SEMIOLOGIE URBAINE

Si la démarche d’Abraham Moles et d’Elisabeth Rohmer sur l’espace est bien interdisciplinaire, elle n’en est pas moins, comme le démontre le titre même de leur livre, à dominante psychosociologique. Celle d’Alexander Mitscherlich tout en étant ouverte à la sociologie, relève prioritairement de la psychanalyse et de ses prolongements psychosomatiques. D’où l’intérêt de revenir, même si elles ont perdu de leur actualité, sur les tentatives de dépasser ce qui constitue encore un cloisonnement, même atténué, et de chercher à appréhender l’espace de la ville à un autre niveau, au cœur de l’humain : le langage, compris tantôt en tant que système de signes, tantôt en tant que véhicule du sens.

Carte de Palmanova , Italie (1600) / Photo : Wikipédia l’encyclopédie libre

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XIII – UNE PSYCHOSOCIOLOGIE DE L’ESPACE — 4) Rationalité contre désir : la ville «censure» (Alain Médam) ou «disciplinaire» (Jacques Dreyfus)

Place Sainte-Anne, Montpellier / Photo : Peter Curbishley (FLICKR) – http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.fr

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XIII – UNE PSYCHOSOCIOLOGIE DE L’ESPACE — 3) « Psychanalyse et urbanisme – Réponse aux planificateurs » d’Alexander Mitscherlich (1965)

Si la psychosociologie produit des analyses pertinentes sur les relations de l’homme à son environnement de proximité, elle n’apporte guère d’explication « en profondeur » des mécanismes psychiques sous-jacents et des causes des inadaptations dont elle fait le constat. C’est à la psychanalyse que devait revenir de proposer des éléments de réponses, le mérite d’Alexander Mitscherlich ayant été de le faire tout en intégrant les apports de la psychologie sociale.

Francfort sur le Main, Land de Hesse, Allemagne / Photo : Patrick Nouhailler / Flickr http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/deed.fr

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XIII – UNE PSYCHOSOCIOLOGIE DE L’ESPACE — 2) Une micropsychologie en ville et une psychosociologie de l’espace avec Abraham Moles et Elisabeth Rohmer (1998)

Médina de Tunis : le souk / Photo Leandro Neumann Ciuffo (Wikipédia, L’encyclopédie libre) http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/deed.en

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XIII – UNE PSYCHOSOCIOLOGIE DE L’ESPACE – 1) La proxémique d’Edward T. Hall (1966)

Pourquoi une psychosociologie ou psychologie sociale de l’espace, alors même que l’espace urbain ne semble pas pouvoir être mieux appréhendé qu’au niveau global de la ville ? Parce qu’avec l’urbanisation effrénée de l’époque industrielle et postindustrielle, les frontières de la ville se sont effacées et que nous en sommes réduit à chercher, à voir, à comprendre et à expliquer ce qui se passe à l’intérieur de l’urbain, autrement dit au niveau infra-urbain des interactions sociales. Alex Mucchielli marque bien, à cet égard, les différences entre les trois disciplines voisines que sont la psychologie, la psychosociologie et la sociologie : « Alors que la psychologie cherche à expliquer ou comprendre les phénomènes intérieurs au psychisme individuel qui orientent les conduites de l’individu, la psychologie sociale cherche à expliquer ou comprendre les phénomènes sociaux qui orientent les conduites. Alors que la sociologie cherche à expliquer ou comprendre les phénomènes collectifs en eux-mêmes, en les rapportant à des phénomènes eux-mêmes collectifs, la psychologie sociale explicite les processus qui ramènent l’individuel au collectif et le collectif à l’individuel[1]. » Science des interactions entre individus et phénomènes collectifs elle « étudie toutes les médiations interindividuelles. »

Québec, rue piétonne – Photo Christophe Finot / Wikimedia Commons
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