Le tour de force des « gilets jaunes » n’aura pas été d’avoir dépouillé un président de sa superbe, d’avoir ébranlé un pouvoir insensible à la misère, ni même de lui avoir arraché des concessions sur le pouvoir d’achat, mais d’avoir poussé la dépréciation de la parole jusqu’à rendre certains de nos plus éminents intellectuels honteux de leur culture. Façon sans doute de retourner contre eux le mépris que d’autres, moins culpabilisés, plus décomplexés, sinon cyniques, leur vouent.
Lire la suite « METAMORPHOSES DE LA « TRAHISON DES CLERCS » »Catégorie : VARIETE ET ACTUALITE
METAMORPHOSES DE LA TRAHISON DES CLERCS (SUITE)
Science sociale, science pratique
Dangereuse distinction entre “théorique″ et “pratique” [...]. Ne pas vivre avec deux poids et deux mesures !... Ne pas séparer théorie et pratique! Nietzsche (Fragment posthume XIV)
Entre les intellectuels irresponsables qui flattent les « gilets jaunes » et les arrogants qui les méprisent, il y a place pour des intellectuels lucides, responsables et humbles. Je suis incapable de dire dans quelles proportions les trois catégories étaient représentées parmi la soixantaine reçue par le président de la République le 11 mars. Mais je pressens que la dernière catégorie était surreprésentée par rapport aux deux premières dont j’ai dénoncé les dérives dans mon dernier article publié dimanche. Ce serait dommage, car il aurait été du plus grand intérêt que des représentants des deux premières catégories se confrontent au président, vu que, faisant le buzz, ils sont plus médiatisés que les autres, plus discrets.
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L’ART DANS TOUS SES ÉTATS : peinture, poésie, musique…
« Comme l’univers échappe à l’intuition, tout de même il est transcendant à la logique. » (Paul Valéry – Au sujet d’Eurêka in Variété)
En ces temps de bruits et de fureurs qui chaque jour renforcent un peu plus le sentiment irrésistible de notre précarité, il est bon de rappeler avec Baudelaire que « la soif insatiable de tout ce qui est au-delà, et que révèle la vie, est la preuve la plus évidente de notre immortalité. » (Notes nouvelles sur Edgar Poe)
Détour par l’art et la correspondance de ses formes avec les figures que la vie fait continûment défiler d’une existence à l’autre. En témoigne Marc Chagall à la Fondation Maeght, Saint-Paul :

Photo J.-P. Dalbéra (Flickr)
Si, selon le Talmud, « celui qui sauve une seule vie sauve le monde entier », on peut aussi bien dire qu’une vie, à elle seule, reflète l’humanité dans sa plénitude.
« Il en est ici comme de la première idée de Copernic : voyant qu’il ne pouvait venir à bout d’expliquer les mouvements du ciel en admettant que toute la multitude des étoiles tournait autour du spectateur, il chercha s’il n’y réussirait pas mieux en supposant que c’est le spectateur qui tourne et que les astres demeurent immobiles. En métaphysique, on peut faire un essai du même genre au sujet de l’intuition des objets. »[1]
Et en art de même, si l’on en croit Oscar Wilde[2]. Après que Sénèque, dans le sillage d’Aristote, eut posé la nature comme pivot autour duquel l’art pouvait se déployer, Wilde aura, par un de ces renversements paradoxaux dont il était friand, conçu la vie en tant que sphère céleste, enveloppe constellée, reflétant les plis, apprêtés, que l’imagination de l’homme fait affleurer de la matière, en répercutant les vibrations, subtiles, qui jaillissent de l’éther :
Lire la suite « L’ART DANS TOUS SES ÉTATS : peinture, poésie, musique… »LE GRAND DEBAT NATIONAL : des principes et une méthode
La rationalité n’est raisonnable que si elle admet que la raison est multiple. Jean François Lyotard ̶ Moralités postmodernes (1993)[1]Lire la suite « LE GRAND DEBAT NATIONAL : des principes et une méthode »
RETOUR SUR LA MARCHE REPUBLICAINE DES LIBERTES
« La guerre de Troie n’aura pas lieu »
Ceux qui avaient rêvé d’un rassemblement citoyen à l’instar de celui du 11 janvier 2015 en réaction à la tuerie de Charlie Hebdo auront quelque peu déchanté. La marche républicaine des libertés de dimanche dernier n’aura eu ni la même ampleur ni fait la preuve d’un aussi large consensus.
Quant à ceux qui n’attendaient qu’une occasion pour en découdre, ils en seront pour leurs frais : « la guerre de Troie n’aura pas lieu ». Séparés par un chantier opportunément ouvert place de la Bastille et contenus par les forces de l’ordre, foulards rouges et gilets jaunes, ces derniers perchés sur les marches de l’Opéra, haut lieu de la culture de l’élite, ont juste eu le temps de se regarder en chiens de faïence, non sans que quelques aboiements fusent de part et d’autre.
La marche républicaine des libertés a peut-être permis de rétablir un équilibre dangereusement rompu entre les jusqu’au-boutistes de la lutte à outrance et les partisans du dialogue – quelque 10 000 manifestants ce n’est tout de même pas rien (contre 4 000 gilets jaunes la veille) – mais il faut se rendre à l’évidence, ce relatif succès a son revers en ce qu’il confirme le face-à-face potentiellement explosif qui risque de se creuser entre deux France antagonistes, aussi hétéroclites l’une que l’autre dans leurs compositions socioprofessionnelles et leurs idéologies de référence. Restons sur nos gardes, malgré le déni d’Andromaque, Cassandre a persisté à la contredire et la suite des évènements lui donnera raison : « la guerre de Troie aura lieu » [1]. Soyons, donc, d’autant plus vigilants que les chevaux de Troie sont en place, quoiqu’en dise Emmanuel Todd, dont le ressentiment à l’égard de son milieu atteint des sommets.
Lire la suite « RETOUR SUR LA MARCHE REPUBLICAINE DES LIBERTES »PAUL VIRILIO in memoriam
La mort présente pour les célébrités quelque peu passées de mode ce paradoxe d’être résurrection avant d’être inhumation : le défunt nous rappelle à son bon souvenir. Virilio mort, deux ans et demi après Claude Parent, son compagnon en exploration d’utopies, nous reviennent ses angoisses et obsessions, desquelles, par bunkers interposés, il sut faire émerger une espérance « oblique », que la critique ne saurait sous-estimer, tant l’ « obliquité », théorisée et mise en pratique par son congénère architecte, facilite le passage d’un palier à l’autre, les transitions, aplanissant des dénivelés par trop abruptes et permettant de jouir de perspectives renouvelées.
http://urbainserre.blog.lemonde.fr/2014/09/03/xix-la-ville-int…-de-paul-virilio/
MACRON ET LE TEMPS PROPRE DE L’ACTION POLITIQUE

Macron au congrès de la Mutualité française : 13 juin 2018
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LE REEQUILIBRAGE DE LA POLITIQUE DE LA VILLE sous l’éclairage (indirect) de Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, économistes inquiets

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« Que m’importent les controverses, et les arguties des docteurs ? Au nom de la science ils peuvent nier les miracles ; au nom de la philosophie, la doctrine et au nom de l’histoire les faits. […] Même, il me plaît qu’ils y parviennent, car ma foi ne dépend en rien de cela. »[1]
DU PLAN BORLOO A LA METHODE MACRON, QUOI DE NOUVEAU ?

Emmanuel Macron n’aura pas de trop de ses « grognards » au Conseil présidentiel des villes ou ailleurs pour rétablir la liaison des quartiers avec la ville, de l’urbain avec le social, de l’urbanité avec la ruralité
Pour un plan enterré, les promesses d’une méthode
Lire la suite « DU PLAN BORLOO A LA METHODE MACRON, QUOI DE NOUVEAU ? »LE FONCIER : dimension occultée du développement urbain

Le point aveugle de la politique de la ville
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