
Barre Maurice de Fontenay (vue arrière) dont la démolition était en suspens
Le retour de Borloo
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La ville à la croisée des chemins – Littérature de l'urbanité
L'urbain par-delà la pratique et la théorie : qu'est-ce que les sciences sociales peuvent apporter au praticien de l'aménagement et de l'urbanisme ?

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Sans chercher à s’extraire de son environnement, même la ville, métaphore de l’être social, gagnerait à une plongée dans L’expérience intérieure [*]. Ainsi nous interpelle Georges Bataille :
« L’être particulier, perdu dans la multitude, délègue à ceux qui en occupent le centre, le souci d’assumer la totalité de l’ “être”. […] Cette gravitation naturelle des êtres a pour effet l’existence d’ensembles sociaux relativement stables. En principe, le centre de gravitation est dans une ville ; dans les conditions anciennes, une ville, comme une corolle enfermant un pistil double, se forme autour d’un souverain et d’un dieu. Si plusieurs villes se composent et renoncent à leur rôle de centre au profit d’une seule, un empire s’ordonne autour d’une ville entre autres, où la souveraineté et les dieux se concentrent : dans ce cas, la gravitation autour de la ville souveraine appauvrit l’existence des villes périphériques, au sein desquelles les organes qui formaient la totalité de l’être ont disparu ou dépérissent. De degré en degré, les compositions d’ensembles (de villes, puis d’empires) accèdent à l’universalité (tendent vers elle tout au moins). »
Il n’est pas de meilleure expression du défi auquel est confronté le gouvernement à la veille (ou l’avant-veille) de l’annonce d’un énième plan pour les banlieues cautionné par un revenant.
Comment les banlieues peuvent-elles tirer profit du dynamisme des centres-villes pour conforter leurs particularismes et valoriser leurs ressources propres ?
Comment les villes moyennes et petites peuvent-elles encore jouer leur rôle dans l’aménagement du territoire sans être affaiblies, voire écrasées, par le développement des métropoles régionales ?
Last but not least, la capitale peut-elle continuer à accroitre son pouvoir d’attraction sur les nantis sans rejeter les démunis, et à s’enrichir sans en faire bénéficier la province ?
Si la théorie du ruissellement n’a jamais été validée en économie, l’aménagement du territoire lui offre une bonne occasion de faire ses preuves à nouveaux frais et de prendre une revanche sur ses détracteurs ; juste retour de ce que la métropolisation doit à la ruralité et à l’urbanité, dont elle n’a cessé de se nourrir.
C’est un combat, « père de toutes choses » et « dernier mot de notre raison » selon Ernst Jünger [**], un combat – politique – en faveur de la solidarité pour contrer l’esprit de compétition ; pas simplement pour la survie, mais pour le plein épanouissement de l’être, dans son universalité autant que dans ses particularités.
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[*] © pour l’édition originale : 1943. Texte revu en 1954.
[**] Le Combat comme expérience intérieure, écrit en 1921. La première citation est reprise d’Héraclite (Fragment B 53).

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Lawrence DURRELL – Justine (premier volume du Quatuor d’Alexandrie)
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Charles PEGUY – L’Argent (Cahier de La Quinzaine du 16 février 1913)

Quand la localisation des équipements est soumise à des forces contraires mettant à l’épreuve les pouvoirs publics, contraints de composer avec les intérêts privés.
L’actualité nous rattrape. Il n’en faut pas plus pour réagir à l’évènement, sans pour autant se laisser déborder par ses inconséquences. Dictature de l’évènement, à la leçon duquel on cède ou on résiste. C’est selon. Mais selon quoi ? notre tempérament, notre éducation, l’influence de notre entourage, des médias ? Un peu de tout cela sans doute. Mais lequel de ces facteurs l’emporte ?
Quoi qu’il en soit, Nuit debout ne pouvant nous laisser indifférent, nous incite à faire retour sur le rapport que la ville entretient avec le politique. C’est à partir et au croisement d’un essai de Claude Lefort, La question de la démocratie[1], et d’un petit livre de Marc Augé Non-lieux[2], sous titré Introduction à une anthropologie de la surmodernité, que nous chercherons à comprendre l’évènement, dont pour l’heure nous serions bien en peine de prévoir les suites. Comprendre – par sympathie – et non expliquer, sachant que, pas plus qu’expliquer, chercher à comprendre ne justifie rien.
Quand les lieux du pouvoir se vident, « Nuit Debout » remplit les lieux de la ville. Interprétation à partir d’un essai de Claude Lefort : « La question de la démocratie », et d’un livre de Marc Augé : « Non-lieux ».
Lire la suite « NUIT DEBOUT : remplir l’espace public pour combler le vide politique ? »UrbainSerre – 1er janvier 2016
Image WikipediaEntre le 7 janvier et le 13 novembre, la liberté a cédé devant la sécurité, la nécessité de la vie a pris le pas sur le sens à lui attribuer : Carl Schmitt opposé à Hannah Arendt. La liberté entre goût du risque et besoin de sécurité.
Lire la suite « DU 7 JANVIER AU 13 NOVEMBRE 2015 – LA TENTATION CARL SCHMITT »

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Chers lectrices et lecteurs, chers amis
Cet article qui s’essaye à faire le point sur les évolutions de la politique de la ville depuis les événements qui ont dramatiquement inauguré l’année est bien évidemment à rattacher à celui publié le 21 avril 2014 ayant pour titre : la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 à la lumière des analyses et propositions d’Eric Maurin, Laurent Davezies, Jacques Donzelot et Milena Doytcheva.
Lien : http://urbainserre.blog.lemonde.fr/2014/04/27/xviii-dun-ghetto-lautre-11-la-loi-de-programmation-pour-la-ville-et-la-cohesion-sociale-du-21-fevrier-2014-a-la-lumiere-des-analyses-et-propositions-deric-maurin-laurent-davezies/
Le défilé du 11 janvier 2015, Porte Saint-Denis.
