LA VILLE COMME « EXPERIENCE INTERIEURE »

Composition X de Vassily Kandisky
Entre conscience et cosmos : la ville
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La ville comme « expérience intérieure »

Sans chercher à s’extraire de son environnement, même la ville, métaphore de l’être social, gagnerait à une plongée dans L’expérience intérieure [*]. Ainsi nous interpelle Georges Bataille :

« L’être particulier, perdu dans la multitude, délègue à ceux qui en occupent le centre, le souci d’assumer la totalité de l’ “être”. […] Cette gravitation naturelle des êtres a pour effet l’existence d’ensembles sociaux relativement stables. En principe, le centre de gravitation est dans une ville ; dans les conditions anciennes, une ville, comme une corolle enfermant un pistil double, se forme autour d’un souverain et d’un dieu. Si plusieurs villes se composent et renoncent à leur rôle de centre au profit d’une seule, un empire s’ordonne autour d’une ville entre autres, où la souveraineté et les dieux se concentrent : dans ce cas, la gravitation autour de la ville souveraine appauvrit l’existence des villes périphériques, au sein desquelles les organes qui formaient la totalité de l’être ont disparu ou dépérissent. De degré en degré, les compositions d’ensembles (de villes, puis d’empires) accèdent à l’universalité (tendent vers elle tout au moins). »

Il n’est pas de meilleure expression du défi auquel est confronté le gouvernement à la veille (ou l’avant-veille) de l’annonce d’un énième plan pour les banlieues cautionné par un revenant.

Comment les banlieues peuvent-elles tirer profit du dynamisme des centres-villes pour conforter leurs particularismes et valoriser leurs ressources propres ?

Comment les villes moyennes et petites peuvent-elles encore jouer leur rôle dans l’aménagement du territoire sans être affaiblies, voire écrasées, par le développement des métropoles régionales ?

Last but not least, la capitale peut-elle continuer à accroitre son pouvoir d’attraction sur les nantis sans rejeter les démunis, et à s’enrichir sans en faire bénéficier la province ?

Si la théorie du ruissellement n’a jamais été validée en économie, l’aménagement du territoire lui offre une bonne occasion de faire ses preuves à nouveaux frais et de prendre une revanche sur ses détracteurs ; juste retour de ce que la métropolisation doit à la ruralité et à l’urbanité, dont elle n’a cessé de se nourrir.

C’est un combat, « père de toutes choses » et « dernier mot de notre raison » selon Ernst Jünger [**], un combat – politique – en faveur de la solidarité pour contrer l’esprit de compétition ; pas simplement pour la survie, mais pour le plein épanouissement de l’être, dans son universalité autant que dans ses particularités.

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[*] © pour l’édition originale : 1943. Texte revu en 1954.

[**] Le Combat comme expérience intérieure, écrit en 1921. La première citation est reprise d’Héraclite (Fragment B 53).

APRES L’ENTRETIEN DU 15 OCTOBRE 2017 D’EMMANUEL MACRON, PRESIDENT, SUR FR3 : deux citations à méditer

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Photo : Пресс-служба Президента Российской Федерации
Wikimedia Commons

« La pauvreté exclut, disait un jour Justine, et la richesse isole. »

Lawrence DURRELL – Justine (premier volume du Quatuor d’Alexandrie)

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« L’argent est plus honorable que le gouvernement, car on ne peut vivre sans argent, et on peut très bien vivre sans exercer un gouvernement. »

Charles PEGUY – L’Argent (Cahier de La Quinzaine du 16 février 1913)

LE GRAND STADE DE LYON ET LES QUARTIERS PRIORITAIRES : enjeu foncier, enjeu spatial

Le grand stade de Lyon et les quartiers prioritaires

Stade des Lumières en construction (mai 2015) Photo Vegas666 / Wikimedia Commons

L’enjeu du foncier, l’enjeu spatial

Quand la localisation des équipements est soumise à des forces contraires mettant à l’épreuve les pouvoirs publics, contraints de composer avec les intérêts privés.

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NUIT DEBOUT : remplir l’espace public pour combler le vide politique ?

L’actualité nous rattrape. Il n’en faut pas plus pour réagir à l’évènement, sans pour autant se laisser déborder par ses inconséquences. Dictature de l’évènement, à la leçon duquel on cède ou on résiste. C’est selon. Mais selon quoi ? notre tempérament, notre éducation, l’influence de notre entourage, des médias ? Un peu de tout cela sans doute. Mais lequel de ces facteurs l’emporte ?

Quoi qu’il en soit, Nuit debout ne pouvant nous laisser indifférent, nous incite à faire retour sur le rapport que la ville entretient avec le politique. C’est à partir et au croisement d’un essai de Claude Lefort, La question de la démocratie[1], et d’un petit livre de Marc Augé Non-lieux[2], sous titré Introduction à une anthropologie de la surmodernité, que nous chercherons à comprendre l’évènement, dont pour l’heure nous serions bien en peine de prévoir les suites. Comprendre – par sympathie – et non expliquer, sachant que, pas plus qu’expliquer, chercher à comprendre ne justifie rien.

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[1] 1983. Inclus dans le recueil d’essais ayant pour titre Essais sur le politique (1986).
[2] 1992.
Nuit Debout place de la République le10 avril 2016
Nuit Debout place de la République le10 avril 2016
Photo Olivia Ortelpa / Flickr

A la croisée des pensées de Marc Augé et de Claude Lefort

Quand les lieux du pouvoir se vident, « Nuit Debout » remplit les lieux de la ville. Interprétation à partir d’un essai de Claude Lefort : « La question de la démocratie », et d’un livre de Marc Augé : « Non-lieux ».

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DU 7 JANVIER AU 13 NOVEMBRE 2015 – LA TENTATION CARL SCHMITT

Chères lectrices, chers lecteurs

Après une année terrible, quelle expression donner à des voeux pour qu’ils n’apparaissent pas dérisoires ?

Où puiser l’espoir d’une année meilleure, si ce n’est dans le regard de l’Autre.

Puisse-t-il vous être à jamais propice. C’est tout ce que je vous souhaite.

UrbainSerre – 1er janvier 2016

Bataclan                           Image Wikipedia

Entre le 7 janvier et le 13 novembre, la liberté a cédé devant la sécurité, la nécessité de la vie a pris le pas sur le sens à lui attribuer : Carl Schmitt opposé à Hannah Arendt. La liberté entre goût du risque et besoin de sécurité.

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LES ERREMENTS DE LA POLITIQUE DE LA VILLE SOUS LES FEUX CROISES DE « LA PENSEE EGAREE » D’ALEXANDRA LAIGNEL-LAVASTINE ET DE LA « SOCIOLOGIE D’UNE CRISE RELIGIEUSE » D’EMMANUEL TODD

"Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles" E. Todd
Paris, boulevard Saint-Denis, le 11 janvier 2015 (photo prise de mon portable)

« Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles »
Emmanuel Todd

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Les égarements de la politique de la ville sous les feux croisés de « La pensée égarée » [1] d’Alexandra Laignel-Lavastine et de la « Sociologie d’une crise religieuse » [2] d’Emmanuel Todd

« Le goût romantique de la vie pastorale est fait autant de fuite loin de la ville vorace que de retour à la nature. Ce qui mérite d’être étudié, c’est la facilité avec laquelle les critiques de la société urbaine se transforment en mises en accusation de toute civilisation. »
« … en y regardant de plus près, je trouve que l’accent mis par Eliot sur le caractère religieux de la vrai civilisation, sa “vision de la culture et de la religion comme aspects différents d’une même chose, dès lors que chaque terme est pris dans le contexte requis”, emporte l’adhésion. Il me parait incontestable qu’il faut replacer l’holocauste dans le cadre d’une psychologie de la religion, et qu’une connaissance de ce cadre est indispensable à un débat sur la culture. »
George Steiner [3]

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ACTUALITE 5 – La politique de la ville après Charlie : « 60 mesures pour l’égalité et la citoyenneté »

Chers lectrices et lecteurs, chers amis

Cet article qui s’essaye à faire le point sur les évolutions de la politique de la ville depuis les événements qui ont dramatiquement inauguré l’année  est bien évidemment à rattacher à celui publié le 21 avril 2014 ayant pour titre : la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 à la lumière des analyses et propositions d’Eric Maurin, Laurent Davezies, Jacques Donzelot et Milena Doytcheva.

Lien : http://urbainserre.blog.lemonde.fr/2014/04/27/xviii-dun-ghetto-lautre-11-la-loi-de-programmation-pour-la-ville-et-la-cohesion-sociale-du-21-fevrier-2014-a-la-lumiere-des-analyses-et-propositions-deric-maurin-laurent-davezies/

Le défilé du 11 janvier 2015, Porte Saint-Denis.

"La France des classes moyennes centristes (anti égalité, catholiques, anti classes populaires)." Extrait de Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse d'Emmanuel Todd.
« La France des classes moyennes centristes (anti-égalité, catholiques, anti-classes populaires) » : Emmanuel Todd, dans Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse.

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