
Après la nomination en juillet dernier de Christophe Béchu comme ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires à qui est rattaché Olivier Klein, ministre délégué chargé de la Ville et du Logement ; après la déclaration de politique générale le 6 juillet dernier de la Première ministre évoquant les quartiers prioritaires en termes de « justice, de cohésion, de considération » ; après la présentation d’un budget 2023 de la cohésion des territoires d’un montant de 597,5 millions d’euros, en augmentation de 7,1 % par rapport à celui de 2022 (557,9 millions d’€), le temps est venu de s’interroger sur le devenir de la « politique de la ville ». Sans doute, en tant que maire de Clichy-sous-Bois (en fonction jusqu’au 3 décembre, date à laquelle il devrait être remplacé à la tête du conseil municipal), le nouveau ministre sait-il à quoi s’en tenir. Présentant ses orientations le 13 septembre à la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale, il s’est engagé à faire une revue de tous les projets relevant de la politique de la ville, soit 453 (dont 450 validés et 416 en chantier), afin d’en soupeser la « résilience », objectif désormais affiché de son ministère. C’est à ce titre qu’une cinquantaine de territoires pilotes devraient être identifiés pour bénéficier d’une action renforcée de l’ANRU à hauteur de 100 millions d’euros. Encore faudrait-il que l’Etat tienne ses engagements, ce qui n’a pas été le cas sur la période 2017-2022 puisque sur les 200 millions prévus seulement 92 millions ont été versés à l’ANRU au prétexte que la trésorerie de l’agence serait surabondante[1]. En outre, afin de pouvoir apprécier à leur juste mesure les efforts financiers consentis, les citoyens-contribuables seraient bien en droit, après quelque 45 années de politique de la ville, d’être fixés sur la finalité poursuivie par cette politique à défaut de pouvoir l’être sur son terme. Le ministre Borloo, n’avait-il pas dans une interview au journal Le Monde du 6 mai 2003 déclaré souhaiter que la politique menée en application de la loi de programmation pour la Ville et la Rénovation urbaine du 1er août 2003, dont il était l’auteur, consacre dans un délai de cinq ans le retour des « quartiers politique de la Ville » dans le droit commun, justifiant par ce fait même la disparition de son ministère !
Un bref retour sur les errements de cette politique censée être d’exception, du moins lors de son lancement, s’impose pour prendre la mesure, sinon de son impuissance, de celle des difficultés rencontrées.
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