SEMINAIRE ANALYSE ET POLITIQUE DE LA VILLE : Ville et Jeux Olympiques – Effets sociaux et conséquences urbanistiques

Chères lectrices, chers lecteurs,

La dernière session du séminaire Analyse et politique de la ville animé par Guy Burgel et Marie-Vic Ozouf-Marignier s’est tenue le 1er juin dernier sur le thème : Ville et Jeux Olympiques – Effets sociaux et conséquences urbanistiques, à la Maison des Sciences de l’Homme.

Au terme de ces vacances d’été que nous avons mis à profit pour agrémenter l’espace de notre blog de quelques aphorismes d’inspiration personnelle, nous revenons aux choses sérieuses, renouant pleinement avec l’esprit de ce blog, en vous présentant le compte rendu de cette session rédigé par Gilles Montigny et Jean-François Serre.

Nous vous en souhaitons bonne lecture et vous invitons d’ores et déjà, si vous en avez le loisir, à nous rejoindre le 20 décembre prochain pour participer à la première session du cycle 2018-2019, Financiarisation de la ville et liberté du politique, sur le thème : Promotion immobilière et forme urbaine, qui se tiendra à la Maison des Science de l’Homme.

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Séminaire Analyse et politique de la ville

Année 2017-2018 : La ville dans le débat public

Le séminaire Analyse et politique de la ville s’est poursuivi au cours de l’année 2017-2018 autour des valeurs qui l’ont toujours animé depuis sa création à l’Université de Paris Nanterre (Laboratoire de Géographie Urbaine) : l’approche pluridisciplinaire des processus urbains, les comparaisons internationales, l’ouverture sur la société civile, les collectivités territoriales, les élus et les professionnels de la ville. Il a été conduit en partenariat avec la FMSH, l’EHESS et le Comité d’Histoire des ministères de l’Écologie et de l’Habitat.

La problématique adoptée pour l’année 2017-2018 s’appuyait sur la contradiction entre l’omniprésence de la ville et de l’urbain dans les débats de société et sa quasi absence des débats politiques. La ville semblant revenir sur la scène politique à la fin de l’année 2017, un changement de position serait-il amorcé ?

Trois entrées ont été choisies pour ce séminaire : un retour sur l’histoire des politiques de la ville en France depuis cinq décennies, l’équité territoriale écartelée entre métropolisation et périphéries et l’évènement mondial comme marqueur local de la globalité.

Le phasage des sessions fut le suivant :

  • ­La ville dans l’action politique – un demi-siècle d’expériences :                                  vendredi 15 décembre 2017 ­
  • Équité et gouvernement des territoires – des métropoles aux périphéries :                    vendredi 23 mars 2018 ­
  • Ville et jeux Olympiques – effets sociaux et conséquences urbanistiques :            vendredi 1er juin 2018

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Compte rendu de la dernière session : 1er juin 2018

Ville et Jeux Olympiques : effets sociaux et conséquences urbanistiques

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PAUL VIRILIO in memoriam

Extrait d’Archéologie du bunker
Thierry Ehrmann / Flickr

La mort présente pour les célébrités quelque peu passées de mode ce paradoxe d’être résurrection avant d’être inhumation : le défunt nous rappelle à son bon souvenir. Virilio mort, deux ans et demi après Claude Parent, son compagnon en exploration d’utopies, nous reviennent ses angoisses et obsessions, desquelles, par bunkers interposés, il sut faire émerger une espérance « oblique », que la critique ne saurait sous-estimer, tant  l’ « obliquité »,  théorisée et mise en pratique par son congénère architecte, facilite le passage d’un palier à l’autre, les transitions, aplanissant des dénivelés par trop abruptes et permettant de jouir de perspectives renouvelées.

http://urbainserre.blog.lemonde.fr/2014/09/03/xix-la-ville-int…-de-paul-virilio/

SEMINAIRE ANALYSE ET POLITIQUE DE LA VILLE : Equité et gouvernement des territoires – Des métropoles aux périphéries

Chères lectrices, chers lecteurs

Après La ville dans l’action publique : un siècle d’expériences, nous avons le plaisir de vous proposer aujourd’hui le compte rendu des exposés et débats de la deuxième session du séminaire d’Analyse et politique de la ville de l’année 2017-2018 qui s’est tenue à la Maison des sciences de l’homme le 23 mars dernier sur le thème de l’équité et du gouvernement des territoires : des métropoles aux périphéries.

Bonne lecture et bel été à vous toutes et tous.

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Séminaire Analyse et politique de la ville

Année 2017-2018 : La ville dans le débat public

Le séminaire Analyse et politique de la ville se poursuit au cours de l’année 2017-2018 autour des valeurs qui l’ont toujours animé depuis sa création à l’Université de Paris Nanterre (Laboratoire de Géographie Urbaine) : l’approche pluridisciplinaire des processus urbains, les comparaisons internationales, l’ouverture sur la société civile, les collectivités territoriales, les élus et les professionnels de la ville. Il est conduit en partenariat avec la FMSH, l’EHESS et le Comité d’Histoire des ministères de l’Écologie et de l’Habitat.

La problématique adoptée pour cette année s’appuie sur la contradiction entre l’omniprésence de la ville et de l’urbain dans les débats de société et sa quasi absence des débats politiques. La ville semblant revenir sur la scène politique à la fin de l’année 2017, un changement de position serait-il amorcé ?

Trois entrées ont été choisies pour ce séminaire : un retour sur l’histoire des politiques de la ville en France depuis cinq décennies, l’équité territoriale écartelée entre métropolisation et périphéries et l’évènement mondial comme marqueur local de la globalité.

Le phasage des sessions est le suivant :

  • ­La ville dans l’action politique : un demi-siècle d’expériences : vendredi 15 décembre 2017 ­
  • Équité et gouvernement des territoires : des métropoles aux périphéries : vendredi 23 mars 2018 ­
  • Ville et jeux Olympiques : effets sociaux et conséquences urbanistiques : vendredi 1er juin 2018

Session du 23 mars 2018

Equité et gouvernement des territoires : des métropoles aux périphéries

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LE REEQUILIBRAGE DE LA POLITIQUE DE LA VILLE sous l’éclairage (indirect) de Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, économistes inquiets

Extrait de « Histoire des jouets » de Henry René (1902)
Flickr

« Que m’importent les controverses, et les arguties des docteurs ? Au nom de la science ils peuvent nier les miracles ; au nom de la philosophie, la doctrine et au nom de l’histoire les faits.  […] Même, il me plaît qu’ils y parviennent, car ma foi ne dépend en rien de cela. »[1]

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DU PLAN BORLOO A LA METHODE MACRON, QUOI DE NOUVEAU ?

Bonaparte au Pont d’Arcole peint par Antoine-Jean Gros (photo Joconde Database – Wikimedia Commons)
Emmanuel Macron n’aura pas de trop de ses « grognards » au Conseil présidentiel des villes ou ailleurs pour rétablir la liaison des quartiers avec la ville, de l’urbain avec le social, de l’urbanité avec la ruralité

Pour un plan enterré, les promesses d’une méthode

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SEMINAIRE ANALYSE ET POLITIQUE DE LA VILLE : La ville dans l’action publique – Un demi-siècle d’expériences

Chères lectrices, chers lecteurs

C’est, l’heure de la retraite  venue, pour ne pas entrer en errance oisive que j’avais, voici cinq ans déjà, entrepris cette pérégrination dans la littérature de la ville. Pérégrination au gré de retrouvailles au fond de ma bibliothèque ou de nouvelles rencontres, parfois inopinées. L’itinéraire ainsi reconstruit depuis les célèbres enquêtes de Villermé en France et Engels en Angleterre m’ont permis de vous faire partager ma passion pour ces « urbanités » qui, traversant toutes les disciplines, les transcendent pour rejoindre les « humanités ». Convergence qui ne tient nullement au hasard mais bien plutôt d’un destin qui nous a progressivement fait passer de la vie campagnarde à la vie urbaine, laquelle n’a pas fini de se renouveler pour tantôt nous rebuter tantôt nous attirer, nous séduire ; bref, toujours nous surprendre.

Puis, délaissant quelque peu nos livres,  nous avons renoué avec le terrain pour vous livrer le témoignage d’une enquête portant sur trois sites en rénovation : Les Quatre mille de La Courneuve, La Duchère à Lyon et les Quartiers nord de Marseille. Enquête au cours de laquelle nous avons cherché à comprendre les errements d’une reconquête urbaine doublée d’une thérapie sociale à travers une centaine d’entretiens auprès de professionnels et d’acteurs associatifs ainsi que d’habitants, non moins acteurs de la transformation de leurs lieux de vie.

De notre parcours livresque à l’enquête de terrain, aucune rupture, tant l’un de l’autre se sont réciproquement nourris. Et il n’y a pas moins continuité avec ces séminaires d’«analyse et politique de la ville» que nous publions à partir d’aujourd’hui. Riches d’interventions pluridisciplinaires et de débats, ils sont animés par Guy Burgel depuis plusieurs années en partenariat avec le LGU de l’université Paris Nanterre, la FMSH, l’EHESS et le Comité d’Histoire des ministères de l’Ecologie et de l’Habitat. Pour l’année 2017-2018, consacrée à « La ville dans le débat public », le premier de ces séminaires, dont la session s’est tenue le 15 décembre dernier portait sur « La ville dans l’action publique : un demi-siècle d’expériences », dont vous pouvez lire le compte rendu ci-dessous. 

Photo Marcus (Flickr)

Ville nouvelle de Marne-la-Vallée : Les Espaces d’Abraxas (vue de l’Arche) de Ricardo Bofill ; lequel, dans une interview au Journal Le Monde du 8 février 2014, avouait « Je n’ai pas réussi à changer la ville » (Photo Marcus/ Flickr) :

« Le projet est né d’une utopie théorique, en Espagne, dans les années 60. “Ville dans l’espace” consistait à considérer la ville comme un processus et non comme un objet fini. L’objectif était de mélanger les catégories sociales et de créer des modules qui peuvent être investis de différentes manières. […] Ma démarche est opposée à celle de Le Corbusier. »

« Mon modèle n’a pas été pris en exemple pour construire d’autres villes. Je me suis trompé dans la temporalité. La période, la fin des années 60, n’était pas propice au changement car après moi, on a continué à faire des barres. Le malheur qui règne dans les banlieues françaises n’a pas été aboli. »

« Il s’agit d’un espace unique qui a pâti du manque d’esprit communautaire propre à la France : les populations ne se sont pas mélangées. Mais les Espaces d’Abraxas ont été abandonnés : à l’époque, on disait que pour que ça marche il fallait y faire vivre au maximum 20 % d’immigrés, afin de réussir à réellement mélanger les populations. Ça n’a pas été appliqué. Le manque également d’équipements et de commerces et le fait que l’espace soit fermé sur lui-même pose des problèmes à certains. Pour moi, c’est une expérience unique et finie et je ne la répéterai jamais car j’ai vu les difficultés que ça entraîne. »

Ricardo Bofill

Compte rendu du séminaire

Sommaire des exposés et intervenants

 Retour sur une action : la politique des villes nouvelles

  • Sabine Effosse (historienne, Université Paris Nanterre)
  • Bertrand Warnier (urbaniste, Établissement public d’aménagement de Cergy-Pontoise)

De la loi d’Orientation foncière (LOF) à la loi Solidarité et Renouvellement urbain (SRU) : la loi sur la longue durée

  • Laurent Coudroy de Lille (géographe, Université Paris Est Créteil, Institut d’urbanisme de Paris)

Une innovation : le ministère de la politique de la ville

  • Renaud Epstein (sociologue-politologue, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye)

Deux témoignages personnels sur la politique de la ville

  •  Yves Dauge (ancien sénateur-maire de Chinon, Indre-et-Loire)
  • Jean Frébault (urbaniste, Conseil général des Ponts et Chaussées)

Table ronde : Présence et absence de la ville dans le débat public

  •  Jean-Pierre Duport (ancien préfet d’Île-de-France, de la Seine-Saint-Denis, ancien président de Réseau ferré de France)
  • Christian Devillers (architecte-urbaniste)

Conclusion

  •  Guy Burgel
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LA VILLE COMME « EXPERIENCE INTERIEURE »

Composition X de Vassily Kandisky
Entre conscience et cosmos : la ville
http://www.ibiblio.org/wm/paint/auth/kandinsky/kandinsky.comp-10.jpg

La ville comme « expérience intérieure »

Sans chercher à s’extraire de son environnement, même la ville, métaphore de l’être social, gagnerait à une plongée dans L’expérience intérieure [*]. Ainsi nous interpelle Georges Bataille :

« L’être particulier, perdu dans la multitude, délègue à ceux qui en occupent le centre, le souci d’assumer la totalité de l’ “être”. […] Cette gravitation naturelle des êtres a pour effet l’existence d’ensembles sociaux relativement stables. En principe, le centre de gravitation est dans une ville ; dans les conditions anciennes, une ville, comme une corolle enfermant un pistil double, se forme autour d’un souverain et d’un dieu. Si plusieurs villes se composent et renoncent à leur rôle de centre au profit d’une seule, un empire s’ordonne autour d’une ville entre autres, où la souveraineté et les dieux se concentrent : dans ce cas, la gravitation autour de la ville souveraine appauvrit l’existence des villes périphériques, au sein desquelles les organes qui formaient la totalité de l’être ont disparu ou dépérissent. De degré en degré, les compositions d’ensembles (de villes, puis d’empires) accèdent à l’universalité (tendent vers elle tout au moins). »

Il n’est pas de meilleure expression du défi auquel est confronté le gouvernement à la veille (ou l’avant-veille) de l’annonce d’un énième plan pour les banlieues cautionné par un revenant.

Comment les banlieues peuvent-elles tirer profit du dynamisme des centres-villes pour conforter leurs particularismes et valoriser leurs ressources propres ?

Comment les villes moyennes et petites peuvent-elles encore jouer leur rôle dans l’aménagement du territoire sans être affaiblies, voire écrasées, par le développement des métropoles régionales ?

Last but not least, la capitale peut-elle continuer à accroitre son pouvoir d’attraction sur les nantis sans rejeter les démunis, et à s’enrichir sans en faire bénéficier la province ?

Si la théorie du ruissellement n’a jamais été validée en économie, l’aménagement du territoire lui offre une bonne occasion de faire ses preuves à nouveaux frais et de prendre une revanche sur ses détracteurs ; juste retour de ce que la métropolisation doit à la ruralité et à l’urbanité, dont elle n’a cessé de se nourrir.

C’est un combat, « père de toutes choses » et « dernier mot de notre raison » selon Ernst Jünger [**], un combat – politique – en faveur de la solidarité pour contrer l’esprit de compétition ; pas simplement pour la survie, mais pour le plein épanouissement de l’être, dans son universalité autant que dans ses particularités.

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[*] © pour l’édition originale : 1943. Texte revu en 1954.

[**] Le Combat comme expérience intérieure, écrit en 1921. La première citation est reprise d’Héraclite (Fragment B 53).