Découpage de « La naissance de Vénus » de Sandro Botticelli selon le nombre d’or Source : Wikimedia Commons
III – Les contemporains à la recherche d’une transcendance perdue de vue : Par-delà la nature, le sublime dans l’art et la politique
Reste à savoir quelle postérité fut réservée aux problématiques soulevées par Thomas d’Aquin et Duns Scot et en quoi la « mort de Dieu », annoncée avec tambours et trompettes par Nietzsche, nous aurait « désenchantés » à jamais.
Pas besoin de remonter très loin dans le temps pour démontrer que si Dieu est à l’agonie, l’« idée » de Dieu continue de rayonner de par le monde, pour le meilleur et pour le pire, et que la transcendance persiste d’autant plus à nous hanter qu’elle a fait retour à la terre, non sans que l’atterrissage ne prête à de nouveaux bouleversements, dont il serait présomptueux, au jour d’aujourd’hui, de présumer le destin qu’ils nous réservent.
La « dissertation » qui suit se réfère, par le vocabulaire employé ou les idées émises à pas moins de vingt-quatre auteurs (classiques, philosophes, chercheurs contemporains) dont vous découvrirez la liste in fine.
Francisco de Goya Duel au gourdin (1823, série des Peintures noires) – Wikipedia / Alonso de MendozaL’homme blessé (1840) Gustave Courbet (autoportrait) Wikipedia / Jean Arskesteijn
Après la lutte contre la pandémie, la société blessée
Un patchwork d’emprunts appliqué au confinement et à ses conséquences
Qu’est-ce que le confinement nous aura apporté de plus ? Rien, en dehors de la gêne, si ce n’est de nous avoir offert l’occasion de méditer les enseignements dispensés par nos maîtres depuis plusieurs millénaires. Il nous reste à en tirer la substance, adaptée à nos aspirations de l’heure pour autant qu’elles ne sont pas déraisonnables, et à mettre leur sagesse en pratique. Encore faudra-t-il ne pas céder au bruit et à la fureur qui couvent depuis deux mois, au risque de nous précipiter dans l’enfer des plaintes, du ressentiment et de la tentation d’en découdre : « Ne pas railler, ne pas déplorer ni maudire, mais comprendre », écrivait Spinoza, qui savait à quoi s’en tenir, dans son Traité politique publié à titre posthume en 1670.
A défaut de mieux, l’épreuve aura au moins permis de révéler les vertus et turpitudes de ceux qui de leurs piédestaux ou de leurs chaires sont censés veiller sur notre bien être, sans que l’on puisse prévoir de quel côté penchera, au terme de nos avanies, la balance : vers toujours plus de compétition et de prédation ou vers plus de solidarité. Car, s’il est un paradoxe de ce grand bal masqué, qui nous a réunis pour mieux nous séparer, c’est de nous avoir dévoilé l’opportunisme dont, empêtrés dans leurs entrechats, font assaut les figurants. Pour l’heure, le brouillard du confinement n’en dissimule pas moins le Joker qui saura saisir la première opportunité, par définition imprévisible, de se présenter en dernier recours contre l’effondrement et en sauveur de la terre et de ses habitants, toutes espèces confondues !