INTERMEDE PASCAL : Formes de la vie, formes de la ville

Chères lectrices, chers lecteurs

Les sciences humaines ne sont peut-être pas d’un grand secours pour améliorer la vie du citadin, mais, s’il n’y a de réalité que construite par l’esprit humain, alors la littérature peut tout ou presque. Pourtant, de même que, selon Proust, préfacier de  Sésame et les lys de John Ruskin, « la lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas », la littérature de l’urbanité reste sur le seuil de la vie urbaine. 

Plan retravaillé du village bororo de Kejara établi par Lévi-Strauss / Image Adrien Brugerolle / Wikimedia Commons
Plan retravaillé du village bororo de Kejara établi par Lévi-Strauss / Image Adrien Brugerolle / Wikimedia Commons
Projet pour la ville nouvelle de Chaux autour de la saline d'Arc-et-Senans / Photo Justelipse / Wikipédia
Projet pour la ville nouvelle de Chaux autour de la saline d’Arc-et-Senans / Photo Justelipse / Wikipédia

 

Notre calendrier républicain ayant composé avec la tradition chrétienne, que vous soyez croyants ou agnostiques, il ne vous échappera pas que la publication de cet article, qui vient cavalièrement s’insérer dans la série consacrée à l’écologie et au développement durable, ait à voir avec Pâques, fête de la résurrection. Car c’est bien ce thème qui est développé en filigrane dans le texte ci-dessous : résurrection de la chair dans ces marges de la Cité dont les pierres ont été abandonnées par la vie.


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XIV – DE LA SIGNIFICATION DE L’ARCHITECTURE A LA SEMIOLOGIE URBAINE

Si la démarche d’Abraham Moles et d’Elisabeth Rohmer sur l’espace est bien interdisciplinaire, elle n’en est pas moins, comme le démontre le titre même de leur livre, à dominante psychosociologique. Celle d’Alexander Mitscherlich tout en étant ouverte à la sociologie, relève prioritairement de la psychanalyse et de ses prolongements psychosomatiques. D’où l’intérêt de revenir, même si elles ont perdu de leur actualité, sur les tentatives de dépasser ce qui constitue encore un cloisonnement, même atténué, et de chercher à appréhender l’espace de la ville à un autre niveau, au cœur de l’humain : le langage, compris tantôt en tant que système de signes, tantôt en tant que véhicule du sens.

Carte de Palmanova , Italie (1600) / Photo : Wikipédia l’encyclopédie libre

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XIII – UNE PSYCHOSOCIOLOGIE DE L’ESPACE – 1) La proxémique d’Edward T. Hall (1966)

Pourquoi une psychosociologie ou psychologie sociale de l’espace, alors même que l’espace urbain ne semble pas pouvoir être mieux appréhendé qu’au niveau global de la ville ? Parce qu’avec l’urbanisation effrénée de l’époque industrielle et postindustrielle, les frontières de la ville se sont effacées et que nous en sommes réduit à chercher, à voir, à comprendre et à expliquer ce qui se passe à l’intérieur de l’urbain, autrement dit au niveau infra-urbain des interactions sociales. Alex Mucchielli marque bien, à cet égard, les différences entre les trois disciplines voisines que sont la psychologie, la psychosociologie et la sociologie : « Alors que la psychologie cherche à expliquer ou comprendre les phénomènes intérieurs au psychisme individuel qui orientent les conduites de l’individu, la psychologie sociale cherche à expliquer ou comprendre les phénomènes sociaux qui orientent les conduites. Alors que la sociologie cherche à expliquer ou comprendre les phénomènes collectifs en eux-mêmes, en les rapportant à des phénomènes eux-mêmes collectifs, la psychologie sociale explicite les processus qui ramènent l’individuel au collectif et le collectif à l’individuel[1]. » Science des interactions entre individus et phénomènes collectifs elle « étudie toutes les médiations interindividuelles. »

Québec, rue piétonne – Photo Christophe Finot / Wikimedia Commons
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