XXVI – TROIS SITES EMBLÉMATIQUES DE RENOUVELLEMENT URBAIN : un partenariat public-privé élargi

Chères lectrices, chers lecteurs

Un regard rétrospectif sur les politiques urbaines de la seconde moitié du XXe siècle nous aura, espérons-le, permis de saisir l’importance des évolutions et leurs limites, puisque, selon  Tancrède, le neveu du Guépard, pour « que tout reste tel que c’est, il faut que tout change ».

Au terme de notre parcours prenant à témoin les 4000 de La Courneuve, Lyon-La Duchère et les quartiers Nord de Marseille, un bref rappel s’impose. C’est en juin 1964 que le Comité interministériel pour l’aménagement du territoire, encore sous l’influence de « Paris et le désert français » de J.-F. Gravier, instituait huit métropoles d’équilibre bientôt rejointes par cinq nouvelles. Quarante-six ans plus tard, par une loi du 16 décembre 2010, dite de « réforme des collectivités territoriales », était, entre autres dispositions, créé un nouveau statut de métropole en vue de renforcer les territoires ; les grandes agglomérations de l’hexagone étant censées être le moteur de leur croissance et de leur attractivité.  A la faveur de la victoire de la gauche aux présidentielles de 2012, était votée la loi de Modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) du 27 janvier 2014 refondant les dispositions de la loi de 2010. Dans la foulée, la loi portant Nouvelle organisation territoriale de la République du 7 août 2015 (NOTRe) visait, conjointement à la réduction du nombre des régions métropolitaines, à  clarifier les compétences des collectivités territoriales. Au 1er janvier 2018, l’hexagone compte, au titre de ces lois, 21 métropoles, dont 3 à statut particulier : le Grand Paris ainsi que les métropoles d’Aix-Marseille-Provence et de Lyon (Grand Lyon).

Entre 1964, date de constitution des métropoles d’équilibre, et 2010, date de création du statut des nouvelles métropoles, d’une part la loi Boscher est intervenue le 10 juillet 1970 pour faciliter la création d’agglomérations nouvelles destinées, en réaction à la politique des grands ensembles, à absorber la croissance démographique de la capitale et des métropoles tout en desserrant leur tissu urbain ; d’autre part le retournement de la conjoncture allait précipiter une réorientation de la politique d’aménagement du territoire, initiée par le VIe plan (1971-1975), en faveur des villes moyennes, trait d’union entre grandes et petites villes, entre métropoles et monde rural (cf. les contrats de villes moyennes). Cinq décennies plus tard, en décembre 2017, le gouvernement annonçait un nouveau plan doté de 5 milliards sur 5 ans destiné à soutenir le développement des villes moyennes et à revitaliser leurs centres.

Voilà pour la politique urbaine, à laquelle est venue se superposer dans les années 70 la politique de la ville avec le lancement des procédures Habitat et Vie sociale (HVS). Outre la loi d’Orientation du 13 juillet 1991 consacrant le droit à la ville, rappelons que le 13 décembre 2000 était promulguée la loi relative à la Solidarité et au Renouvellement urbain et le 1er août 2003 la loi d’Orientation et de Programmation pour la Rénovation urbaine (cadre d’opérations de « construction-démolition ») évoquant les procédures du même nom, objet d’un décret du 31 décembre 1958 (opérations dites « bulldozer »). Mais, le 14 février 2014 était promulguée la loi de Programmation pour la Ville et la Cohésion urbaine revenant à la notion de « renouvellement urbain ». Et, le 14 novembre dernier, le président de la République en visite dans le Nord annonçait le retour de J.-L. Borloo, auteur de la loi de 2003, chargé de l’élaboration d’un nouveau plan en faveur des quartiers en difficulté.

« Eternel retour », peut-être, mais sûrement pas « du même », tant les conjonctures sont différentes et les contextes nouveaux. Allers-retours sémantiques, révélateurs d’errements méthodologiques à l’origine d’impasses et de dérives ayant brusqué une évolution faisant passer à l’arrière plan les politiques urbaines, supplantées par des politiques de la ville appelées à en corriger les défaillances. D’où, entre autres mesures à caractère social, les investissements, publics et privés, destinés à pallier les écarts de développement entre territoires (objet du présent article) justifiant le remplacement du ministère en charge de la ville par un ministère de la cohésion des territoires.

Bonne lecture.

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Siège de la Caisse des Dépôts et Consignations
Quai Anatole France – Paris 7e
Photo Metalheart/Wikimedia Commons

3.  Un partenariat public privé élargi : plus d’investissement privé dans les quartiers prioritaires politique de la ville, plus d’Etat en dehors

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XXVII – TROIS SITES EMBLÉMATIQUES DE RENOUVELLEMENT URBAIN : l’égalité et la citoyenneté au secours de la solidarité et du renouvellement urbain

Chères lectrices, chers lecteurs

Dans notre précédent article nous avons cherché à démontrer comment la résorption des écarts de développement entre les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville (QPV) et les autres quartiers impliquait à la fois plus d’investissement privé dans les premiers et plus d’Etat dans les seconds. Equilibre sans doute difficile à atteindre en période de restriction budgétaire et en raison du manque d’attractivité des quartiers dits prioritaires, sachant que l’attractivité dépend de l’investissement privé et en est « en même temps » la condition. C’est dire combien il importe de jouer sur tous les leviers du renouvellement urbain, relevant tant du cadre architectural et paysager que des équipements et du développement économique : cercle vertueux auquel est suspendue la réalisation d’une égalité des chances entre territoires, objectif désormais assigné au nouveau ministère de la cohésion des territoires concentrant les attributions des deux précédents ministères réciproquement en charge de l’aménagement du territoire et de la ville. Ce n’est pas parce que la ville s’efface derrière les territoires qu’elle disparaît ; bien au contraire puisque, de la ville ou de la campagne, nous sommes tous tributaires d’une civilisation urbaine, mais les inégalités économiques sont d’autant plus assurées de perdurer qu’elles se cristallisent dans les valeurs foncières.

Il est, toutefois, un autre enjeu que les attentats de 2015 et 2016 ont  contribué à mettre en avant : celui de la « mixité » censée pallier les méfaits de disparités sociales redoublées par les fractures territoriales. D’un problème de nature économique on est passé brutalement à un problème de peuplement impliquant la sélectivité, au risque d’occulter le premier,        pourtant  déterminant  :  d’où  l’accent  désormais  mis  sur  la « cohésion » plutôt  que  sur  l’ « aménagement ».

Tel est le sujet de l’article que nous vous proposons cette semaine, avant d’aborder la semaine prochaine la question, qui fait polémique, de la place de la religion dans l’espace public, laquelle fera l’objet du dernier article de notre feuilleton sur le « renouvellement urbain » appréhendé à travers les Quatre mille de La Courneuve, Lyon-La Duchère et les quartiers Nord de Marseille.

Bonne lecture.

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La Courneuve – Quatre mille Sud
Ecole Joséphine Baker

4. L’égalité et la citoyenneté au secours du la solidarité et du renouvellement urbain

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XXVIII – TROIS SITES EMBLÉMATIQUES DE RENOUVELLEMENT URBAIN : espace public, espace privé – culture et religion

Des tulipes pour un massacre ?

Palais de Tokyo et Musée d’Art moderne de la ville de Paris, vus des quais de la Seine

Par les temps qui courent, il n’est pas bon de s’ériger en censeur, pas plus moralement qu’esthétiquement parlant. Mais, s’agissant du projet d’implantation du Bouquet of tulips de Jeff Koons entre le Musée d’Art moderne de la ville de Paris et le Palais de Tokyo, l’enjeu est autre : politique ; entendu au sens originaire du terme en ce qu’il a à voir avec la Cité.

Certes tous les autres enjeux méritent examen : non seulement moral et esthétique, mais symbolique et médiatique, commercial et économique, cependant que l’enjeu politique les dépasse tous pour les englober.

Qu’est-ce à dire ? Sinon que, au risque de paraitre ringard tant la frontière entre l’art, le spectacle et la rue s’amenuise, l’œuvre d’art vaut par elle-même indépendamment du contexte où elle s’expose contrairement au monument. Et en écrivant cela, j’ai bien conscience de m’inscrire en faux par rapport à Thomas Clerc qui écrivait dans une tribune du Monde du 28 février : « Une œuvre – et plus précisément une sculpture – n’est pas seulement une pièce isolée mais appartient également à un contexte. » N’en déplaise à l’auteur de Poeasy,  sauf à adopter une conception – bien dans l’air du temps – « transgressive » de l’art, selon l’expression de Nathalie Heinich [*], la valeur d’une sculpture, pas plus que celle d’un tableau, n’est dépendante du milieu qui l’accueille. Tout juste pourrait-on parler d’anachronisme dans le cas du Baloon dog et autres installations de Jeff Koons exposées en 2008 dans la galerie des glaces du Château de Versailles, sans que l’on sache bien si,  par une ironie plus ou moins recherchée, c’est le décor baroque de Versailles qui met en valeur les œuvres de Koons ou l’inverse.

Considérées comme des œuvres d’art malgré la répétition du motif, marketing oblige, les Baloon dogs, Bouquet of tulips et autres, valent  par elles-mêmes indépendamment de l’environnement de leur exposition. Et ce, quoiqu’il en soit du décrochage de leur valeur de marché par rapport à leur valeur esthétique. En revanche, qu’un de ces Bouquet of tulips soit implanté dans l’espace public change la donne : d’œuvre d’art, elle devient monument, appartenant à part entière de ce fait à la Cité qui l’accueille, monument commémoratif en l’espèce, ce qui lui confère une dimension encore plus politique, en ce sens qu’il réfère à un évènement, dont le tragique nous projette au-delà de l’actualité et même, par son retentissement international, au-delà de la communauté des citadins qu’elle affecte directement.

C’est dire que son érection ne saurait pas seulement concerner le cénacle réunissant autour de l’ « artiste industriel » qu’est Jeff Koons, des galeristes, conservateurs, mécènes et politiques, mais les citadins-citoyens dans leur ensemble. Ce n’est plus à un public que l’œuvre est confrontée mais au peuple de la cité. Quel que soit le jugement que l’on porte sur sa valeur ou sur la compétence de l’artiste, elle échappe à une logique d’appropriation pure et simple pour intégrer l’espace public urbain, espace commun des citadins. Raison pour laquelle il n’apparaitrait pas infondé qu’ils soient consultés et sur le motif et sur son emplacement. Ou, pour étendre les possibles et élargir l’éventail des choix, que la proposition de Koons soit intégrée dans un concours, afin d’être mise en concurrence, sous la condition que le choix du lauréat soit soumis à la population (concours participatif).

Dans la tribune susvisée, Thomas Clerc, après avoir traité Koons de « bon artiste » mais de « personnalité de savonnette », dont il vante « l’art de la joie », mais « un art rose de Goret (et non de porc) », aurait bien proposé de « mettre cette sculpture Bonux dans une zone vierge d’art, une banlieue de Fréjus (Var) ou un coin déshérité de Montmorillon (Vienne) », si, opposer la province profonde à la métropole, ne lui avait pas paru par trop simpliste – rappelant un âge qu’on croyait révolu, celui de Paris et du désert français. C’est pourquoi, il a en fin de compte estimé plus pertinent de proposer que ce bouquet soit planté à Paris, mais « dans un terreau plus ingrat, qu’il fera reluire par contraste », autrement dit dans le XVIIIe arrondissement, quartier de la Chapelle, « le quartier des humbles gens qui sauront, eux, apprécier l’offrande à sa juste mesure ».

Peut-être ne faut-il pas trop vite accuser Thomas Clerc de mépriser, par élitisme congénital, les classes populaires, et faire la part du sarcasme inhérent à son statut d’écrivain, mais on peut bien douter que les « pequenauds » de province ou les « prolos » des lisières de la capitale, qui n’ont pas l’habitude de s’en laisser compter, soient plus sensibles aux couleurs acidulées de l’art de Koons que les bourgeois du XVIe arrondissement, dont les tendances sont en symbiose avec l’univers marketing du consumérisme.  

Or, il se trouve que l’exposition Fautrier : Matière et lumière, qui se tient actuellement au Musée d’art moderne de la ville de Paris, expose un tableau de l’artiste intitulé Bouquet de tulipes. On se prendrait à douter du hasard et à croire en l’intervention du surnaturel pour nous forcer à questionner l’art contemporain, à nous défier du populisme ambiant… et à rêver que le Bouquet de tulipes de Fautrier entouré de ses Figures d’Otage soit projeté sur  les mieux exposés des murs aveugles de la capitale ; l’art de Fautrier, si informel soit-il, valant bien le pop’art revu par Koons, pour commémorer des actes de barbarie !

N’y va-t-il pas, en outre, de la fonction critique de l’art, déniée par Koons ?

Bouquet de tulipes de Jean Fautrier (1939)

Concernant cette « affaire » chacun a en tête des précédents célèbres : Guernica, les Nymphéas, parmi d’autres. Toutes œuvres réalisées dans des conjonctures et des contextes différents mais ayant en commun de l’avoir été pour commémorer des évènements, tragiques ou heureux, c’est selon. Petit rappel pour rester bien conscient qu’en commémorant ainsi par la médiation de l’art, c’est aussi un artiste que l’on honore.

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[*] C’est-à-dire se moquant des frontières. Cf. Le triple jeu de l’art contemporain. Sociologie des arts plastiques (1999).

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Les attentats de 2015 et 2016 n’ont pas laissé indifférente la population des grands ensembles, les jeunes notamment, sensibles aux sirènes du djihadisme. Bien que notre projet d’étude ait été déposé bien avant les attentats, nous ne pouvions pas passer sous silence la déferlante qui en a résulté mais nous a pris de court alors que notre enquête était déjà bien entamée. C’est l’objet de notre présent article, trop bref sur un sujet d’importance, mais sur lequel nous reviendrons prochainement dans une postface. Cet article clôturera la synthèse comparative de notre étude-témoigange sur les Quatre mille de La Courneuve, La Duchère à Lyon et les quartiers Nord de Marseille, réalisée avec le soutien de l’Institut CDC pour la Recherche, la SCET, filiale de la CDC, animatrice du réseau des sociétés d’économie mixte, et l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence.

Bonne lecture.

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Duchère : Flèche de l’église de Balmont convertie en cinéma d’Art et d’Essai

5. Espace public, espace privé : culture et religion

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TROIS SITES EMBLÉMATIQUES DE RENOUVELLEMENT URBAIN – Postface : marginalité et terrorisme

Chères lectrices, chers lecteurs

Ce projet d’étude a été déposé auprès de l’Institut CDC pour la Recherche à l’automne 2011 et n’a vraiment pu démarrer pour des raisons administratives et financières qu’en 2013. Les difficultés rencontrées lors de son déroulement et le décrochage en cours de route de l’IUAR d’Aix-en-Provence sollicité pour nous appuyer méthodologiquement ont fait qu’il n’a pu être terminé que fin 2016. C’est dire que nous avons été vite rattrapés par l’actualité mais que, prisonnier de notre cadre de recherche, le phénomène djihadiste ainsi que l’écho des attentats meurtriers de 2015 et 2016 en banlieue, n’ont pu être abordés qu’à la marge et d’une manière superficielle, et ce malgré notre volonté d’adapter la démarche initiale et notre souhait de coller au plus près du présent comme du réel. Pourtant, sachant bien qu’il n’y avait aucun lien de filiation directe avec la condition urbaine, les événements douloureux que nous avons connu à partir de 2015, même non évoqués, restaient présents à l’arrière plan de nos entretiens, et la question qui hantait nos interlocuteurs était de savoir pourquoi les drames vécus étaient différemment perçus ici ou là et pourquoi des jeunes, en particulier, se montraient si sensibles à l’idéologie mortifère véhiculée par certains groupes ou leaders religieux.

La récente actualité – les attaques terroristes de Carcassonne et Trèbes – est malheureusement venue nous rappeler que le monstre – Léviathan qui sème la terreur, au contraire de celui de Hobbes, garant de la paix civile – restait tapi dans son antre, abruti de bêtise, nourri de haine, de frustration et de violence refoulée. Par qui et pourquoi ? Comment a-t-on pu se laisser surprendre, après tant de « rage » accumulée, par l’explosion de fureur apocalyptique qui s’en est suivi, alors que les signes avant-coureurs de la crise des valeurs, ébranlées par les coups de boutoirs des migrations, étaient ignorés. Vaincu sur son terrain moyen-oriental, l’EI séduit toujours, son idéologie se repaissant de l’exécration de la civilisation occidentale surprise en déficit de sens et prise en défaut d’intégration.

Raison suffisante pour revenir sur le sujet et chercher un éclairage chez les auteurs, chercheurs et penseurs de tous horizons, qui se sont penché sur les maux dont notre société ne saurait s’absoudre en en rejetant systématiquement sur les autres, la banlieue ou l’étranger, la cause et la responsabilité. Et raison nécessaire de ne pas lâcher prise, pour se donner les moyens, au-delà du traitement symptomatique, d’enrayer les dérives délétères qui minent notre vivre-ensemble, sans surestimer, ni, inversement, sous-estimer, les effets de lieu.

Bonne lecture.

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La Duchère – Château d’eau, oeuvre de François- Régis Cottin, architecte, et de Nicolas Esquillan, ingénieur Il n’y a pas de causes si modeste soit-elle qui ne mérite un monument

Retour sur une enquête miroir de nos errements

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EN GUISE D’EPILOGUE : L’urbanité, essence de la ville – La ville, métaphore du cosmos

EPILOGUE DELIBEREMENT DEBRIDE

Ile des Pins (Nouvelle Calédonie)
Ile des Pins (Nouvelle Calédonie)
Statue du Sacré Cœur, don de l’héritage culturel caldoche, entourée de totems kanak. On remarquera que le totem du premier plan tire la langue. Ce que l’on pourrait prendre pour une insolence si la langue n’était pour les Kanak le symbole de la parole dans une culture de tradition orale. Illustration des malentendus que l’hybridation des cultures peut provoquer et que des interprètes malintentionnés peuvent exploiter.

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Il n’y a pas plus à opposer la ville à la campagne que la culture à la nature. Mais si ville et campagne participent aujourd’hui de la même culture, la nature ne doit pas en payer le prix. En outre, à trop s’étaler, se diluer, la ville risque de perdre en urbanité ce qu’elle gagne en urbanisation, et, à trop s’urbaniser, se couper de ses racines identitaires et de sa relation ancestrale au cosmos.

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