NUIT DEBOUT : remplir l’espace public pour combler le vide politique ?

L’actualité nous rattrape. Il n’en faut pas plus pour réagir à l’évènement, sans pour autant se laisser déborder par ses inconséquences. Dictature de l’évènement, à la leçon duquel on cède ou on résiste. C’est selon. Mais selon quoi ? notre tempérament, notre éducation, l’influence de notre entourage, des médias ? Un peu de tout cela sans doute. Mais lequel de ces facteurs l’emporte ?

Quoi qu’il en soit, Nuit debout ne pouvant nous laisser indifférent, nous incite à faire retour sur le rapport que la ville entretient avec le politique. C’est à partir et au croisement d’un essai de Claude Lefort, La question de la démocratie[1], et d’un petit livre de Marc Augé Non-lieux[2], sous titré Introduction à une anthropologie de la surmodernité, que nous chercherons à comprendre l’évènement, dont pour l’heure nous serions bien en peine de prévoir les suites. Comprendre – par sympathie – et non expliquer, sachant que, pas plus qu’expliquer, chercher à comprendre ne justifie rien.

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[1] 1983. Inclus dans le recueil d’essais ayant pour titre Essais sur le politique (1986).
[2] 1992.
Nuit Debout place de la République le10 avril 2016
Nuit Debout place de la République le10 avril 2016
Photo Olivia Ortelpa / Flickr

A la croisée des pensées de Marc Augé et de Claude Lefort

Quand les lieux du pouvoir se vident, « Nuit Debout » remplit les lieux de la ville. Interprétation à partir d’un essai de Claude Lefort : « La question de la démocratie », et d’un livre de Marc Augé : « Non-lieux ».

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LES GRANDS ENSEMBLES CONFRONTES A LE CORBUSIER D’APRES « MANIERE DE PENSER L’URBANISME »

Chères lectrices, chers lecteurs

Nous avions consacré notre article du 12 février dernier à la figure de l’étranger à travers la parabole évangélique du bon Samaritain et Georg Simmel. Alors qu’il ne s’écoule plus guère de jours sans qu’on nous annonce la fin tragique de migrants cherchant à fuir la misère, les catastrophes d’origine climatique ou le terrorisme d’Etat, les quelques réflexions que nous avions alors esquissées sont plus que jamais à l’ordre du jour. Nous étions toutefois passé à côté d’une autre parabole évangélique, pas moins édifiante que celle de Luc, celle de Jean relatant la rencontre du Christ avec la Samaritaine, combien plus scandaleuse. Son importance nous a été révélée par un penseur aujourd’hui  disparu qu’on ne saurait ignorer tant il bouscule nos préjugés : Michel de Certeau, auteur de L’étranger ou l’union dans la différence. 

Ce fut pour nous l’occasion d’apporter un complément à notre article faisant ressortir ce qui peut relier, par delà leurs différences, des auteurs comme Simmel, Illich et Certeau.

Lien : Intermède hivernal – Les immigrés, les bien-pensants et le bon Samaritain (12 février 2015).

Le Corbusier : plan Voisin de reconstruction de Paris, 1925 (photo Army-Arch/Flicker)
Xavier-Arsène Henry : ZUP de Nîmes-Pissevin, Valdegour (photo Vpe/Wikipedia)
                                                                                                  

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