XIX – LA VILLE INTERPELLEE PAR LA MONDIALISATION : 7) De la « City of Quartz » à la décomposition urbaine en passant par un stade délirant du capitalisme immobilier avec Mike Davis

Meilleurs vœux chères lectrices, chers lecteurs.

En ces temps lourds de menaces, nous n’aurons jamais trop d’urbanité pour les affronter. Et si la nature, parcimonieuse, ne nous en a pas suffisamment pourvu, soyons bien sûr qu’il n’est jamais trop tard pour en compenser le manque. 

20150107_195535 7 janvier 2015 : remplace une vue de Dubaï prise du golfe Arabo-Persique.

 (Je précise à l’intention du lecteur que les voeux exprimés ci-dessus l’ont été avant la tragique journée, le 4 janvier)
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INTERMEDE ESTIVAL : « Des causes de la grandeur des villes » de Giovanni Botero à la « Condition de l’homme moderne » de Hannah Arendt, et retour par la Cité grecque

Chères lectrices, chers lecteurs

L’actualité nous rattrapant, je reprends la publication de ce blog plus tôt que prévu. Comment rester sans réagir face à des événements qui, recoupés avec nos lectures nous interpellent d’autant plus qu’en l’occurrence le tragique rivalise avec l’absurde. Comme jamais, les enjeux sont politiques et face à leur ampleur nous mesurons toujours plus les dégâts de la dépolitisation dont nous sommes les témoins passifs. Non que tout soit politique comme voudrait nous le faire croire une certaine gauche radicale, contribuant ainsi à la banalisation du politique. Mais, l’épidémie d’Ebola qui se propage en Afrique de l’Ouest, faisant toujours plus de victimes, nous rappelle aussi que lorsque c’est la vie qui est en cause, il n’est pas d’autres valeurs qui puissent entrer en concurrence avec elle pour faire obstacle à la plus énergique action politique – qui plus est internationale – en vue de lutter non contre un mal – stigmatisant − mais contre la maladie. Le message de Hannah Arendt est, à cet égard, sans restriction : « La tâche et la fin de la politique consistent à garantir la vie au sens le plus large. »[1]

C’est pourtant aussi la vie, qui est en cause dans les conflits qui perdurent ou ont surgi ici et là dans le monde depuis plusieurs mois et notamment depuis le début de l’été. Mais la vie y est prise en otage par des valeurs qui s’affrontent sur un terrain dont les enjeux politiques s’en trouvent démultipliés au point d’avoir des répercussions au-delà des frontières des Etats directement concernés. C’est ainsi que, pour paraphraser Malraux, en politique rien sans doute ne vaut la vie, mais les vies ne valent décidément rien.[2]

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 [1]  In Qu’est-ce que la politique ? Sans restriction mais à condition de comprendre « la vie au sens le plus large », autrement dit de ne pas la réduire à la nécessité vitale, car « s’il est vrai que la politique n’est hélas rien d’autre qu’un mal nécessaire à la conservation de l’humanité, celle-ci a alors effectivement commencé à disparaître du monde, c’est-à-dire que son sens a viré en absence de sens ».

[2] La citation exacte de Malraux est la suivante, dans Les Conquérants (1928) : « J’ai appris aussi qu’une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie » (Garine de l’Internationale communiste, le Conquérant). L’auteur avait trouvé la formule si heureuse qu’il la répéta 5 ans plus tard dans La condition humaine.

Manifestation des Indignés pour une « réelle démocratie » en mai 2011 place de la Bastille
Photo Slastic / Wikimedia Commons

La puissance par le nombre, la démocratie comme pluralité

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RETRO (2) : Variations sur le thème de l’espace commun à partir de trois textes de Claude Lévi-Strauss

AVERTISSEMENT

Ce texte ayant été écrit par à-coups au fil de lectures diverses venues le nourrir, objet de notes de bas de page, le lecteur voudra bien m’excuser, en cette veille de vacances de n’avoir pas eu le courage de le refondre. D’autant moins que je ne m’interdis pas, comme pour l’ensemble des articles de ce blog, de revenir à l’occasion dessus au gré de mes pérégrinations livresques.

 
320px-A_Last_day_of_Hajj_-_all_pilgrims_leaving_Mina,_many_already_in_Mecca_for_farewell_circumambulation_of_Kaaba_-_Flickr_-_Al_Jazeera_EnglishDernier jour du Hajj autour de la Kaaba à La Mecque / Photo Omar Chatriwala of Al  Jazeera English / Wikimedia Commons
 
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XIX – LA VILLE INTERPELLEE PAR LA MONDIALISATION — 2 bis) « La condition urbaine » dans « La ville des flux » vue par Olivier Mongin (suite)

De la condition urbaine à la ville des flux, il y a la distance de l’homme aux choses. Et c’est ce qui pose problème. L’homme doit se tenir à juste distance des choses comme de ses semblables. Qu’il s’en rapproche trop et l’oppression le gagne. Qu’il s’en éloigne et l’errance à laquelle il se condamne le perd. Nous entendons bien que la ville conditionne la vie du citoyen-citadin. Encore faut-il qu’il y ait adéquation entre ses aspirations et l’environnement urbain. Le mouvement y pourvoit sous réserve que celui qui imprime à la ville sa configuration ne soit pas à contre-courant de celui qui anime ses habitants.

format Kuala LumpurPhoto Andy Mitchell /Flickr

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XIX – LA VILLE INTERPELLEE PAR LA MONDIALISATION — 2) Par-delà toute démarche disciplinaire : « La condition urbaine » dans « La ville des flux » vue par Olivier Mongin

Quelles que soient ses limites, compte tenu des évolutions intervenues depuis les années 60, le livre de Jane Jacobs fut un des premiers, à avoir remis en cause l’urbanisme fonctionnaliste du Mouvement moderne pour lui substituer un urbanisme fondé sur la mixité des fonctions et la diversité. Si l’accent était d’autre part mis sur l’influence de la forme des villes sur les comportements, ce n’était plus pour les plier à une forme a priori décrétée par les architectes-urbanistes, mais pour concevoir un urbanisme à la mesure de l’homme en partant des réalités. La rupture sur ce plan était nette et le post-modernisme entre autres mouvements allait se précipiter dans la brèche à partir de la fin des années 60. Las, si l’héritage garde toute sa pertinence, la ville des flux n’a cessé depuis d’étendre ses méandres, posant de redoutables problèmes aux urbanistes en charge – entre deux millénaires − de maîtriser le phénomène de métropolisation pour sauvegarder une diversité menacée par la  mondialisation.

FavellaRio de Janeiro : favela de Rocinha / Photo AReinstein /MetamorFoseAmBULAnte / Wikimedia Commons

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XVIII – D’UN GHETTO L’AUTRE — 11) La loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 à la lumière des analyses et propositions d’Eric Maurin, Laurent Davezies, Jacques Donzelot et Milena Doytcheva

imagesPalais Bourbon : façade nord dessinée par Bernard Poyet sous Napoléon 1er – Photo Wikimedia Commons

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